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Certaines activités de la bibliothèque de Dhagpo Kagyu Ling ne sont pas toujours visibles pour les utilisateurs. Le catalogage, par exemple, demande du temps et de la précision pour que le livre soit bien renseigné dans la base de données et de connaissances.
La bibliothèque est l’un des cinq éléments requis et mentionnés par le XVIe karmapa, Rangjung Rigpé Dorjé, pour que le bouddhisme puisse s’établir de manière pérenne en un lieu où il n’existait pas encore. L’objectif principal de la bibliothèque est donc de préserver un corpus bouddhique unique pour le rendre accessible au plus grand nombre.


Le fonds documentaire ne cesse de s’enrichir, tant en quantité qu’en diversité : livres, magazines, CD, mais aussi cassettes ! Ces petits objets rectangulaires, probablement inconnus des moins de vingt ans, étaient le principal support d’enregistrement et de diffusion audio, durant les décennies 70, 80 et même 90, bientôt supplanté par l’apparition du CD.

De nombreuses donations de particuliers ont permis de réunir un trésor de plusieurs milliers de cassettes audio, principalement des enregistrements d’enseignements et de pratiques dispensés par les premiers maitres venus en Occident. Ces documents historiques témoins des premiers pas du Dharma en Europe sont préservés dans le fonds documentaire. Nous avons commencé à les traiter afin de les rendre accessibles à tous.

Plusieurs étapes sont nécessaires : le tri et l’inventaire, la numérisation, la mise à disposition…
Nous sommes heureux de vous faire découvrir ce travail minutieux à travers une série d’articles dans lesquels les membres de cette équipe racontent leur expérience.

Si vous avez des enregistrements des maitres éminents de l’époque, n’hésitez pas à contacter les bibliothécaires en venant sur place ou par email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

La première étape : trier les cassettes et établir un inventaire détaillé

Sylvia, responsable de cette étape, partage son expérience :

« Les cassettes viennent de partout, dans divers contenants, du sac plastique à la grande malle en fer. Parfois (rarement) impeccablement documentées : nom de l’enseignant, titre de l’enseignement, lieu, date, traducteur… Le plus souvent, elles sont cependant vaguement annotées de quelques griffonnages plus ou moins lisibles et parfois, elles sont carrément anonymes.

Ce fond constitue un corpus hétéroclite qui attise la curiosité quand l’œil rencontre des noms comme le XVIe karmapa, Kalou Rinpoché, lama Guendune Rinpoché…

Je me suis demandé par où commencer… J’ai d’abord trié les cassettes en différenciant les enseignants tibétains et occidentaux. Ensuite, j’ai essayé d’identifier les enseignements, ou ce qui semblait en être, laissant pour le moment de côté les rituels, les chants et les livres lus. Cela viendra dans un deuxième temps.

À l’aide d’un lecteur de cassettes, je tente de trouver le début de l’enseignement, lequel coïncide rarement avec le début de la bande ; puis, en tendant l’oreille, j’enquête : quel est le sujet de l’enseignement ? Peut-on déceler une indication du lieu, du contexte ? Souvent la traduction est plus audible que la version originale. Sans m’y attendre, une grande émotion me saisit : j’entends une voix du passé, depuis longtemps disparue, celle de Kalou Rinpoché, qui reprend vie dans mes oreilles. À la suite des journées consacrées à ces investigations auditives, il m’est souvent arrivé, la nuit, de rêver de ces précieux maitres...

Après plusieurs mois d’un travail de fourmi, 289 titres sont aujourd’hui inventoriés et répertoriés précisément dans un fichier, ce qui correspond à plus de 1 200 cassettes. Parmi les enseignants, se trouvent les maitres éminents des différentes lignées du bouddhisme tibétain (dont le XVIe karmapa, Shamar Rinpoché, Chögyam Trungpa Rinpoché, lama Guendune Rinpoché, etc.), des khenpos, des lamas (comme lama Teunsang). La période couverte s’étend du milieu des années 1970 au début des années 2000. »

Galerie (cliquez pour agrandir les images)

 

Dans un prochain reportage, la deuxième étape : la numérisation.